
Acheter une propriété représente souvent l’un des engagements financiers les plus importants d’une vie. Mais qu’arriverait-il à l’hypothèque si un décès ou une invalidité venait soudainement réduire les revenus du ménage? L’assurance hypothécaire peut contribuer à protéger la capacité d’une famille à conserver sa propriété. Plusieurs options existent toutefois, et leurs caractéristiques peuvent varier considérablement.

Assurance hypothécaire : de quelle protection parle-t-on?
Le terme « assurance hypothécaire » peut prêter à confusion puisqu’il désigne des produits aux objectifs très différents. L’assurance prêt hypothécaire, généralement requise lorsque la mise de fonds est inférieure à 20 %, protège d’abord l’institution financière en cas de défaut de paiement. Même si l’emprunteur en assume habituellement le coût, c’est le prêteur qui bénéficie de la protection.
L’assurance vie ou invalidité associée à une hypothèque poursuit un autre objectif : contribuer au remboursement du prêt ou des versements hypothécaires si un événement couvert survient. Une assurance prêt peut notamment rembourser le montant du prêt en cas de décès et, selon la protection choisie, effectuer des remboursements hypothécaires en cas d’invalidité. Les modalités et la durée de ces protections varient toutefois selon les contrats.
Pour une famille, la question à se poser devient donc concrète : si l’un des revenus disparaissait demain, serait-il toujours possible d’assumer les versements hypothécaires et les autres dépenses courantes?
Protéger le remboursement du prêt
Lors d’un achat immobilier ou d’un renouvellement hypothécaire, une assurance vie peut être proposée par le prêteur. Elle vise généralement à rembourser tout ou partie du solde du prêt advenant le décès de la personne assurée.
Il n’est toutefois pas nécessaire de souscrire automatiquement l’assurance proposée par l’institution qui accorde le financement. Au Québec, l’emprunteur peut notamment choisir une assurance offerte par un autre assureur ou, selon la situation, fournir la preuve d’une protection qu’il détient déjà. Une assurance individuelle peut offrir une autre façon de structurer cette protection. Il est notamment possible de déterminer le montant à assurer, la durée de la couverture et le bénéficiaire selon le produit choisi.
Cette distinction mérite d’être considérée lorsqu’on compare les options. Une assurance ne devrait pas seulement correspondre au solde actuel de l’hypothèque : elle devrait aussi s’inscrire dans l’ensemble des besoins financiers du ménage.
Et en cas d’invalidité?
Un décès n’est pas le seul événement susceptible de fragiliser la capacité d’un ménage à payer son hypothèque. Une invalidité qui empêche temporairement ou durablement de travailler peut également entraîner une diminution importante du revenu.
Certaines assurances liées à un prêt prévoient donc une protection en cas d’invalidité. Celle-ci peut servir à effectuer les remboursements hypothécaires pendant une période déterminée. Les conditions d’admissibilité, le montant des prestations, les délais et la durée de la couverture doivent toutefois être vérifiés dans le contrat. Avant d’ajouter cette protection, il est également pertinent de dresser l’inventaire de celles que l’on possède déjà. Une assurance collective offerte par l’employeur, par exemple, peut prévoir une couverture d’invalidité. L’objectif est de comprendre ce qui serait réellement versé et pendant combien de temps afin d’identifier les éventuels écarts de protection.
Comment déterminer le montant d’assurance nécessaire?
Il n’existe pas de montant universel. Le solde de l’hypothèque constitue un point de départ, mais plusieurs autres éléments peuvent entrer dans l’analyse : revenus du ménage, autres dettes, épargne disponible, nombre de personnes à charge et capacité du conjoint à assumer seul les dépenses.
La situation peut aussi changer rapidement. Une nouvelle propriété, l’arrivée d’un enfant, une séparation, une hausse importante de revenus ou un refinancement hypothécaire peuvent modifier les besoins. La protection mérite donc d’être réévaluée périodiquement plutôt que d’être considérée comme une décision prise une fois pour toutes.

Comparer avant de choisir son assurance hypothécaire
Le prix ne devrait pas être le seul critère. Il faut également regarder le montant et la durée de la couverture, les exclusions, les conditions d’admissibilité, le bénéficiaire prévu au contrat ainsi que les modalités en cas de décès ou d’invalidité.
L’enjeu est alors moins de simplement « assurer son hypothèque » que de déterminer quelle protection permettrait réellement au ménage de préserver sa stabilité financière et, lorsque c’est souhaité, de conserver la propriété si un imprévu survenait.